Prérequis rééducation vestibulaire Ariège 2018-04-17T06:31:48+00:00

Prérequis

Moulage en trois dimensions de l’oreille.

­­Innervation

Les filets nerveux des organes sensoriels de l’appareil vestibulaire forment en se réunissant,le nerf vestibulaire qui traverse le conduit auditif interne et pénètre dans le tronc cérébral au niveau du sillon bulbo-protubérantiel pour rejoindre les noyaux vestibulaires.
­­Vascularisation
Elle dépend essentiellement du système vertébro-basilaire.
L’absence de suppléance explique que toute souffrance vasculaire soit à l’origine de lésions vestibulaires qui,en fonction du siège lésionnel,se traduiront par des troubles de l’audition et/ou des troubles de l’équilibre.

Vue externe du labyrinthe membraneux de l’oreille droite.

  • 1. Canal antérieur
  • 2. Ampoule (du même canal)
  • 3. Ampoule (canal horizontal)
  • 4. Saccule
  • 5. Canal cochléaire
  • 6. Hélicotreme
  • 7. Canal latéral (horizontal) 8. Canal postérieur
  • 9. Ampoule (canal postérieur)
  • 10. Fenêtre ovale
  • 11. Fenêtre ronde
  • 12. Rampe vestibulaire
  • 13. Rampe tympanique
  • 14. Utricule

Les zones sensitives sont en bleu.
L’oreille interne est une structure tridimensionnelle.

Fonctionnement de l’Oreille Interne

­­L’entrée vestibulaire est constituée par le labyrinthe postérieur qui comprend 2 parties  :

  • Organes ampullaires : 3 canaux semi-circulaires
  • Organes otolithiques : l’utricule et le saccule

­­L’organe neurosensoriel est constitué de cellules ciliées couvertes d’une substance gélatineuse et de concrétions calcaires : « les otolithes » (cristaux de carbonate de sodium qui peuvent se déplacer sur une paroi de cellules sensorielles), dont la densité est supérieure à celle de l’endolymphe. Le poids des otolithes rend les macules sensibles aux accélérations linéaires, dans un plan horizontal pour l’utricule, vertical pour le saccule. De fait, les déplacements dans les trois dimensions peuvent être perçus.

L’inclinaison du corps fait bouger les cristaux ou otholithes (capteurs d’accélération linéaire : accéléromètres) et stimule les cellules sensorielles qui envoient un message nerveux au cerveau qui en détermine l’inclinaison. Il enregistre les changements de position de la tête, et stabilise l’oeil dans la tête et donc le regard.

La stabilité du regard est la clé de l’équilibre.

Pour de plus amples détails sur la physiologie se reporter au site de la SIRV.

Pathologie de l’Oreille Interne

­­Différentes pathologies d’origine centrale peuvent perturber l’équilibre, Qu’il s’agisse d’un accident vasculaire cérébral, d’une maladie évolutive du système nerveux central telle la maladie de Parkinson par exemple. Les personnes concernées présenteront des troubles de l’équilibre en station debout et particulièrement lors de la marche, où l’instabilité les gênera. Ces troubles méritent d’être traités par une rééducation spécialisée.

­­Différentes pathologies vestibulaires vont aussi perturber l’équilibre. Toutes traduisent une atteinte de l’organe périphérique : l’oreille interne. On classe ces différentes pathologies selon leur caractère irritatif ou déficitaire.

Syndrome Irritatif

  • Syndrôme Pressionnel: Syndrôme Préssionnel Menière et Hydrops endolymphatique
  • Vertige au changement de position
  • Les labyrinthites : Aigues, elles associent vertiges violents, acouphènes et hypoacousie. Chroniques, elles sont souvent dues à des otites chroniques souvent cholestéatomateuses
  • VPPB: Vertige Positionnel Paroxystique Benin
  • Examen vestibulaire : recherche du nystagmus de position
  • Manoeuvre de Dix et Hallpike droite
  • Cupulolithiase , manoeuvre de restauration de Semont

Les Syndromes Déficitaires

  • Les atteintes post-traumatiques seront la séquelle par exemple d’une chute ou d’un choc qui engendreront une contusion labyrinthique.
  • Névrite Vestibulaire – LVBU : Lachage Vestibulaire Brutal Unilatéral qui est un syndrome déficitaire d’apparition brutale. Caractérisée par un grand orage vertigineux, avec nausées, vomissements, troubles de l’équilibre.
  • L’atteinte auto-toxique : D’apparition brutale et bilatérale, due à la prise de certains antibiotiques puissants.
  • Omission vestibulaire : Syndrôme des défilements et Omission de l’information Vestibulaire
  • Neurinome du VIII : Il s’agit d’une atteinte radiculaire, progressive dont l’installation lente permet normalement aux structures centrales de développer des compensations progressives.
  • Le déséquilibre de la personne âgée presbyastasique
  • Pathologies neurologies centrales

­­Tout traitement sera précédé d’un bilan complet et précis, pour la réalisation duquel l’utilisation de la vidéo-nystagmoscopie est indispensable.

Définition d’un NYSTAGMUS

­­Un nystagmus est défini par une alternance de mouvements oculaires de va-et-vient, initié par un mouvement oculaire lent.
Le nystagmus vestibulaire périphérique bat généralement du côté sain.

Un nystagmus vestibulaire périphérique est atténué ou inhibé par la fixation visuelle. Celle-ci stimule les autres systèmes de stabilisation du regard (fixation, optocinétique et poursuite). Un nystagmus vestibulaire périphérique peut n’être révélé qu’en l’absence de fixation visuelle. L’effet de la fixation visuelle peut être évalué en examinant les yeux du patient sans et avec lunette de Frenzel (supprimant la fixation visuelle).

­­Un nystagmus vestibulaire périphérique est expliqué par une atteinte unilatérale ou bilatérale asymétrique du labyrinthe ou du nerf vestibulaire. Sa direction est dépendante du ou des canaux semi-circulaires, ou des fibres vestibulaires primaires atteintes. Lors d’une atteinte déficitaire unilatérale du labyrinthe ou du nerf vestibulaire, un nystagmus horizonto-rotatoire est le plus communément observé. Dans le vertige paroxystique positionnel bénin, le nystagmus est vertico-rotatoire par hyperstimulation du canal semi-circulaire postérieur. Par contre, un nystagmus vestibulaire périphérique n’est jamais purement vertical ou purement torsionnel.

­­La vitesse de la phase lente d’un nystagmus vestibulaire périphérique varie en fonction de la position des yeux dans l’orbite:

Elle est plus importante quand les yeux sont tournés dans la direction de la phase rapide. Cet effet (loi d’Alexander) est lié à la superposition d’un nystagmus des regards latéraux au nystagmus vestibulaire qui tend à s’opposer au mouvement oculaire lent et à maintenir une vision claire en position primaire 2. Cet effet de la position des yeux dans l’orbite sur l’intensité du nystagmus constitue la base de classification du nystagmus vestibulaire périphérique : il est appelé de 1er degré lorsqu’il est uniquement présent du côté de la phase rapide, du 2nd degré lorsqu’il est aussi présent en position primaire et du 3e degré lorsqu’il est présent dans toutes les directions du regard.

­­Le nystagmus vestibulaire périphérique tend à disparaître en quelques jours par des phénomènes de compensation. Il n’est alors plus visible à l’inspection, même en l’absence de fixation visuelle. Dans ce cas, plusieurs épreuves cliniques de facilitation peuvent révéler un nystagmus témoignant d’une atteinte vestibulaire périphérique partiellement compensée.

Nystagmus vestibulaires centraux

­­Un nystagmus vestibulaire central est expliqué par une asymétrie d’activité dans les voies centrales vestibulo-oculomotrices et/ou vestibulo-cérébelleuses. Il est souvent associé à une atteinte des systèmes de stabilisation oculaire visuelle et de maintien du regard latéral. Cette atteinte peut être indépendante des voies vestibulo-spinales et vestibulo-thalamiques et ne s’accompagner d’aucun trouble postural ou de vertige, ou de manière non congruente, réalisant un syndrome vestibulaire dysharmonieux. En l’absence de vertige, le patient ressent le plus souvent des oscillopsies.

La phase lente du nystagmus vestibulaire central est linéaire ou de décroissance exponentielle. Il s’agit essentiellement de nystagmus à ressort (la seule exception étant le nystagmus à bascule). Un nystagmus vestibulaire central n’est habituellement pas inhibé par la fixation oculaire ; il persiste dans le temps. En raison de l’organisation des voies vestibulo-oculaires centrales, un nystagmus vestibulaire central pourra être purement vertical ou torsionnel, changeant de direction spontanément ou en fonction de la position des yeux dans l’orbite.

Références: www.lenystagmus.net

­­Lors d’une hypovalence du labyrinthe droit par rapport au labyrinthe gauche, il peut exister un mouvement forcé vers la droite et un nystagmus battant vers la gauche. Le nystagmus comprend: un mouvement lent du côté hypovalent et des mouvements brefs, par saccades en sens inverse, dont le sens désigne le sens du nystagmus, ici vers la gauche.

Définition d’un VERTIGE

­­Il se traduit par un mouvement de la scène visuelle : celle-ci tourne. Il est de durée variable, et s’objective par un nystagmus qui traduit la souffrance du système vestibulaire.

­­Un vertige est une illusion de déplacement de l’environnement. Lorsqu’il est rotatoire, il implique les voies qui traitent les informations issues des canaux semi-circulaires. Il est le plus souvent horizontal, (les canaux antérieurs et postérieurs annulent leurs effets dans les lésions globales) mais des rotations antéro-postérieures sont quelquefois décrites (atteinte sélective d’un des plans). Les lésions des voies otolithiques créent des illusions de déplacement linéaires, de tangage ou de bascule de l’espace, à l’extrême le haut devient bas et inversement.

Symptomatologie vestibulaire

­­Un dysfonctionnement unilatéral des récepteurs vestibulaires et/ou de leurs voies afférentes se traduit le plus souvent par des vertiges rotatoires, des nausées ou vomissements, des troubles de l’équilibre (sensations d’ébriété ou de déviation lors de la marche) et des oscillopsies.

Ces signes peuvent être associés à des acouphènes unilatéraux ou une hypoacousie lorsque la lésion concerne à la fois les systèmes vestibulaire et auditif.

Parfois, les vertiges sont absents et les patients se plaignent de diplopie, de nausées, d’illusions sensorielles, voir de sensations de latéropulsion. Une telle symptomatologie est en faveur d’ une pathologie otolithique.

Tests d’exploration de la fonction vestibulaire

Vidéonystagmoscopie et Videonystagmographie

­­La vidéonystagmographie (VNG) et la vidéonystagmoscopie permettent de détecter des nystagmus de faible amplitude mais aussi de quantifier l’amplitude des mouvements oculaires spontanés et induits qui peuvent résulter d’un dysfonctionnement vestibulaire uni- ou bilatéral.

La VNG autorise l’analyse en 3D des mouvements de l’oeil (composantes horizontale, verticale et torsionnelle). Elle est réalisée dans l’obscurité à l’aide d’un masque doté d’une caméra et d’un éclairage infrarouge monochrome.

Analyse des nystagmus spontanés et positionnels

­­Tout dysfonctionnement aigu unilatéral des récepteurs vestibulaires se traduit par l’apparition d’un nystagmus oculaire (mouvement lent de l’oeil dirigé du côté de l’oreille pathologique, entrecoupé de phases rapides orientées en sens inverse).

L’étude du nystagmus oculaire est réalisée en position assise et en décubitus dorsal un nystagmus vestibulaire périphérique présente :

  • Une phase lente d’origine vestibulaire suivie d’une phase rapide de retour qui indique le côté pathologique
  • N’est jamais vertical pur
  • Est diminué ou aboli par la fixation oculaire
  • Croît lorsque le regard est dirigé du côté de la phase rapide et décroît dans le regard du côté opposé
  • Est unidirectionnel et ne change pas de sens dans les différentes positions du regard
Nystagmus positionnel

­­On s’intéresse aux mouvements oculaires qui surviennent immédiatement après la prise de position. La caractérisation des mouvements oculaires induits permet au clinicien de diagnostiquer le siège de la canalolithiase et donc le type de nystagmus positionnel.

Nystagmus induits par différents tests

­­Les nystagmus induits par des stimuli caloriques, rotatoires et vibratoires sont tous analysés sous VNG, ce qui permet de mesurer non seulement la fréquence mais aussi l’amplitude de la vitesse de la phase lente du nystagmus oculaire dans les trois plans de l’espace.

Étude de l’oculomotricité : mouvements de saccade et de poursuite

Les mouvements de poursuite lente et saccadique peuvent être aisément étudiés sous VNG. Ils permettent en pratique d’explorer en quelques minutes et de façon non invasive les voies oculogyres et donc les voies centrales.

Ils doivent donc être réalisés dès lors qu’une pathologie centrale est suspectée.

Mouvements de poursuite

­­Le sujet doit suivre une cible qui se déplace lentement dans le plan horizontal de droite à gauche et de gauche à droite, ou dans le plan vertical de haut en bas et de bas en haut.

Le stimulus optimal en clinique est une stimulation sinusoïdale de 0,4 Hz, d’une amplitude de ± 20° dans le plan horizontal et de 27° dans le plan vertical. Une diminution du gain est un signe d’atteinte centrale.Ils doivent donc être réalisés dès lors qu’une pathologie centrale est suspectée.

Mouvements saccadiques

­­Dans cet examen, la tâche est de suivre une cible qui effectue des déplacements brusques réguliers ou aléatoires.

Tests Canalaires Horizontaux

Test de secouement de la tête (« head shaking test »)

­­Dans cette épreuve, la tête du patient est tournée rapidement dans le plan horizontal de gauche à droite et de droite à gauche pendant 20 secondes. À l’arrêt de la stimulation, les mouvements oculaires potentiellement induits sont analysés.

Toute asymétrie de fonctionnement des systèmes canalaires horizontaux droit et gauche va se traduire par l’apparition d’un nystagmus spontané horizontal (phase primaire) dont le sens de la phase rapide indique le côté malade.
Ce nystagmus initial est souvent suivi d’un nystagmus battant en sens inverse (phase secondaire).

Le head shaking nystagmus résulte d’une asymétrie entre les deux canaux semi-circulaires horizontaux droit et gauche, et/ou d’un dysfonctionnement du mécanisme central de stockage de vitesse (velocity storage mechanism).

Ce test de réalisation simple lorsque le patient ne souffre pas de raideur cervicale doit faire partie de tout examen clinique d’un patient vertigineux.

Test calorique

­­Ce test est uniquement prétiqué par un médecin ORL. Il peut être réalisé en vidéonystagmoscopie ou en VNG. À la différence des épreuves rotatoires, ces épreuves interrogent principalement un labyrinthe.

Elles restent un des examens clefs de l’étude du fonctionnement de l’ampoule du canal semi-circulaire horizontal à basses fréquences. Ce test permet d’apprécier le fonctionnement du réflexe vestibulo-oculaire horizontal sur des bandes de fréquence basse de l’ordre de un millième de hertz. La fréquence du nystagmus oculaire ou l’amplitude de la vitesse de la phase lente du nystamus oculaire sont mesurées à l’aide de la vidéonystagmoscopie ou de la VNG.

Les valeurs sont ensuite reportées sur un graphe : le diagramme de G Freyss.

Ce graphe permet de visualiser de façon instantanée l’existence d’une hypovalence vestibulaire (asymétrie d’excitabilité entre les ampoules des canaux semi-circulaires droit et gauche) ou d’une prépondérance directionnelle (sens prédominant de la secousse nystagmique). Ce test doit être systématiquement réalisé chez un patient vertigineux, afin de rechercher un potentiel de dysfonctionnement de l’ampoule des canaux semi-circulaires horizontaux.

Test rotatoire

­­L’enregistrement des mouvements oculaires induits par une stimulation sur fauteuil rotatoire permet d’accéder aux propriétés dynamiques du réflexe vestibulo-oculaire horizontal (RVOH). En pratique, le sujet est assis sur un siège qui oscille autour d’un axe vertical.

La tête du sujet est inclinée de 30° vers l’avant de façon à ce que les canaux semi-circulaires horizontaux soient situés dans un plan horizontal. Le gain et la phase du RVOH sont ensuite calculés.

Cette épreuve cinétique teste la réponse du couple : canal semicirculaire horizontal droit et gauche. Elle ne peut être réalisée que dans des centres disposant d’un fauteuil rotatoire.

Test d’Halmagyi

­­Ce test consiste à demander au sujet de fixer une cible située à moins de 1 m de lui tandis que l’examinateur lui tourne la tête de façon aléatoire et rapidement, dans le plan horizontal, soit vers la gauche, soit vers la droite.

En cas de dysfonctionnement canalaire horizontal, le gain du réflexe vestibuloculaire horizontal est diminué, et le sujet ne peut suivre la consigne sans réaliser une ou plusieurs saccades de refixation pour maintenir l’oeil sur la cible. Ces saccades de refixation traduisent un dysfonctionnement canalaire horizontal à hautes fréquences.

Ce test doit être systématiquement effectué au cours de l’examen clinique d’un patient vertigineux.

Test vibratoire

­­L’application d’un stimulus vibratoire (fréquence des vibrations : 100 Hz, amplitude : 0,5 mm) sur la mastoïde induit, en cas de pathologie vestibulaire récente ou ancienne, un nystagmus oculaire horizontal dont la phase rapide bat vers le côté sain, durant tout le temps de la stimulation. Ce test non invasif provoque donc une décompensation vestibulaire. Il apporte des informations complémentaires au head skaking test.

En particulier, il est de grande valeur en cas de lésion vestibulaire ancienne, car le nystagmus induit persiste souvent plusieurs années après la lésion initiale.

Il résulte d’une asymétrie entre les systèmes canalaires horizontaux droit et gauche, mais pourrait résulter aussi de l’activation des voies cervicovestibulaires. Ce test d’introduction récente doit être pratiqué chez tout patient vertigineux afin de rechercher une asymétrie compensée d’activité de décharge des neurones vestibulaires centraux.

Tests Otholithiques

Test perceptif

­­Le test de la perception de la verticale et de l’horizontale subjective permet d’apprécier un dysfonctionnement aigu du système otolithique. Il consiste à demander à un sujet, placé dans l’obscurité, de positionner une barre luminescente de 60 à 90 cm placée à 1 m en avant de lui, dans une position qui lui paraît être soit verticale, soit horizontale.

En cas de dysfonctionnement unilatérale aigu des récepteurs otolithiques d’origine centrale ou périphérique, la barre est positionnée par le sujet dans une position déviée par rapport à l’horizontale ou à la verticale, de l’ordre de 3 à 10° du côté lésé. Ce test est indiqué devant une symptomatologie évoquant une dysfonction des voies otolithiques.

Tests ophtalmologiques

­­AVD : Acuité Visuelle Dynamique. En cas de déafférentation otolithique aiguë d’origine centrale ou périphérique, une torsion oculaire et un mauvais alignement des yeux par rapport à la verticale (skew deviation) peuvent être observés. Ils doivent être réalisés lorsque le patient vertigineux se plaint aussi d’une diplopie.

Test sacculaire (PEO)

­­C’est le test des potentiels évoqués myogéniques induits par des stimuli sonores de forte intensité. Il doit être pratiqué devant tout vertige ou instabilité évoquant une pathologie vestibulaire périphérique.

Test de rotation autour d’un axe incliné par rapport à la gravité

­­Ce test permet d’apprécier le fonctionnement des voies otolithesoculaires. Il consiste à placer le sujet sur une chaise tournante et à mesurer par électrooculographie ses mouvements oculaires. Après une accélération initiale, la chaise tourne autour d’un axe qui est incliné de 13° par rapport à la gravité et selon une vitesse constante de 60°/s.

Cette stimulation s’effectue en sens horaire et antihoraire. L’analyse des mouvements oculaires induits par cette stimulation permet d’analyser le fonctionnement des systèmes otolithiques droit (rotation horaire) et gauche (rotation antihoraire). Le nystagmus oculaire ainsi induit ne résulte plus que de la seule activation des récepteurs otolithiques utriculaire et sacculaire.

Il doit être préconisé lorsqu’une dysfonction otolithique est suspectée.

Test d’Exploration de la Fonctionnalité du Nerf Vestibulaire

­­C’est le test des potentiels myogéniques évoqués par des courants galvaniques de forte intensité et de courte durée. Il est principalement indiqué dans les aréflexies vestibulaires unilatérales aux tests calorique et sacculaire (PEO), car il permet alors de détecter une fonction vestibulaire résiduelle.

Tests d’exploration de l’équilibre

Posturographie statique et dynamique

­­La posturographie statique et dynamique repose sur l’étude du déplacement du centre de pression des pieds lorsque le sujet est placé sur une plate-forme fixe (posturographie statique) ou mobile (posturographie dynamique).

Cette dernière est généralement réalisée dans deux conditions : lorsque la plate-forme est mobile dans le plan sagittal (plate-forme se déplaçant dans le plan antéropostérieur) et/ou dans le plan frontal (plate-forme se déplaçant de droite à gauche) et en condition yeux ouverts ou yeux fermés.

Différents paramètres sont alors mesurés telles la surface du statokinésigramme, l’énergie des réponses, etc. Ce test permet d’objectiver les troubles de l’équilibre allégués par le patient. Un dysfonctionnement aigu et unilatéral du système vestibulaire est souvent associé à des valeurs élevées de la surface et de l’énergie des réponses, notamment en condition plate-forme mobile et yeux fermés.

Lors d’une aréflexie bilatérale vestibulaire, aucune mesure n’est possible dans cette dernière condition, le sujet étant incapable de se maintenir debout.

En savoir plus

Équitest

­­L’équitest permet d’apprécier de façon quantitative l’équilibre statique et dynamique des sujets.

Il comprend une plate-forme de force qui peut être fixe ou asservie aux déplacements du centre de gravité du sujet, et un panorama visuel situé à 50 cm du sujet qui peut être fixe ou asservi aux déplacements du centre de gravité du sujet.

Les déplacements du centre de pression des pieds du sujet sont mesurés au cours de deux types d’épreuves : un test d’organisation sensoriel et un test moteur.

Test sensoriel

­­Ce test comprend six conditions :

  • Dans la première condition (condition 1), le sujet est placé devant un panorama fixe, sur une plate-forme de force immobile et on lui demande de regarder droit devant lui ;
  • Dans la deuxième condition (condition 2), le sujet doit se maintenir en équilibre sur cette plate-forme, immobile les yeux fermés ;
  • Dans la troisième condition (condition 3), la plate-forme est fixe et le sujet est placé yeux ouverts devant un panorama qui est asservi aux déplacements de son centre de gravité ;
  • Dans la quatrième condition (condition 4), le panorama est fixe mais la plate-forme est asservie ;
  • Dans les cinquième et sixième conditions (conditions 5 et 6), la plate-forme est asservie et le sujet a soit les yeux fermés (condition 5), soit les yeux ouverts devant un panorama asservi (condition 6).

Ces deux dernières conditions testent plus particulièrement la participation du système vestibulaire aux fonctions d’équilibration.

Chaque condition est réalisée trois fois et des scores d’équilibration cotés de 0 à 100 sont calculés et comparés à des scores obtenus ches des groupes de sujets normaux de même âge.

Test sensorimoteur

­­Le test moteur s’intéresse, comme son nom l’indique, au versant moteur du contrôle postural. Le sujet est placé sur une plate-forme animée, soit de mouvements de translation antéropostérieure brusques et aléatoires dans le plan horizontal, soit de mouvements de bascule soudains et aussi aléatoires vers le haut ou vers le bas.

Les mouvements de translation ou de rotation peuvent être de petite, moyenne ou grande amplitude. Ces tests permettent de mesurer les latences, les vecteurs de cisaillement et l’adaptation des réponses motrices, par la mesure du déplacement du centre de pression des pieds.

L’équitest constitue une aide précieuse pour l’appréciation et la quantification des troubles de l’équilibre. Un score abaissé ou nul dans les épreuves 5 et 6 traduit, soit l’absence bilatérale d’information vestibulaire, soit la non- ou mauvaise utilisation de cette information. Il permet aussi, dans une certaine mesure, de guider la rééducation vestibulaire et de juger de son efficacité. Cet examen ne peut être effectué qu’en centre spécialisé.

En résumé de ces différents examens, nous renvoyons le lecteur à l’arbre diagnostique de l’Agence nationale d’analyse et d’évaluation des soins (ANAES) (1999) qui indique la chronologie des tests à réaliser devant un syndrome vestibulaire.

Source : MEDIX Cours de médecine en ligne

Les bilans Kinésithérapiques

­­Le Rééducateur Vestibulaire s’appuie sur le bilan du Médecin ORL qui comporte le diagnostic précis de la pathologie pour laquelle le patient est adressé en rééducation. Il convient d’établir 1 bilan d’exploration kinésithérapique permettant d’orienter la rééducation.

  • Clinique : repose sur 1 interrogatoire précis et sur l’écoute des doléances du patient.
  • Oculomotricité, barre à diode : La commande informatique du déplacement lumineux sur cette barre permet de reproduire différents types de mouvements oculaires : mouvements de poursuite dont la vitesse varie de 10 à 90°/s, saccades dont les temps et amplitude sont déterminés sur un mode aléatoire, et enfin rampes qui sont des demi-poursuites dans un sens ou l’autre, en sinus ou en triangle.
  • Tests vestibulo-spinaux :(index, ROMBERG, FUKUDA , marche aveugle)
  • Examen neurologique
  • Echelle d’évaluation :DHI
  • Bilan instrumental (sous VNS)
Recherche d’un nystagmus spontané(inhibé par la fixation)
Présence d’un nystagmus de position

Caractéristique d’1 VPPB,reproductible,paroxystique ,s’inverse à la verticalisation,fatigable,avec 1 temps de latence,torsionnel géotropique)

Contre-rotations oculaires

­­Head Tilt Test(teste les canaux postérieurs et la fonction otolithique)

L’examinateur demande au patient d’incliner latéralement la tête vers une des épaules, à une vitesse inférieure à 30°/s. Un mouvement de contrerotation oculaire est alors observé, en particulier en vidéonystagmoscopie.
Grâce à cette technique, il est d’ailleurs possible de vérifier, à la fin de l’inclinaison de la tête, au repos, le maintien de la position de l’oeil en contre-rotation.
Cette composante statique de la contre-rotation est d’origine otolithique « pure ».
Au retour à la position verticale, un mouvement de compensation ramène le globe oculaire à sa position de repos.
Le test est effectué de l’autre côté, par inclinaison latérale vers l’autre épaule, permettant de rechercher une asymétrie, d’origine otolithique potentielle.

Evaluation des informations vestibulaires

­­Rotations à vitesse élevée au fauteuil (400°/s) yeux fermés. Vitesse, accélération et arrêt brusque sont identiques dans les 2 sens.

A l’arrêt de la rotation :

  • le patient doit fixer 1 cible droit devant lui et on chronomètre le temps nécessaire pour qu’il la voit immobile.
  • le patient conserve les yeux fermés à l’arrêt du fauteuil et à l’impression de tourner en sens inverse. On chronomètre alors la durée de cette sensation de vection circulaire postrotatoire.
  • le patient est sous vidéonystagmoscopie,il ouvre les yeux et on comptabilise le nombre de secousses nystagmiques postrotatoires.

Ces trois tests sont effectués successivement pour des rotations horaire et antihoraire.

ERI (épreuve rotatoire impulsionnelle à vitesse constante)

­­Cet épreuve est à faire 2 fois : évaluation et suivi de la fonction canalaire.

Rotation horaire de 180° en 9 secondes/arrêt 10 »/Rotation anti-horaire de 180°en 9 »/arrêt 10 » Les nystagmus per et post rotatoires sont comptabilisés. On mesure la prépondérance directionnelle et on peut suivre l’évolution du patient.

HST (head shaking test)

­­Permet d’adapter la technique au fauteuil à employer: pas de réponse signe 1 syndrome irritatif(fauteuil haute fréquence ou FGV avec 1 vitesse de 400°/s) et 1 majoration du spontané indique 1 syndrome déficitaire(fauteuil basse fréquence fréquence)

L’ERI après HST

­­On remarque que la prépondérance directionnelle est augmentée en cas de syndrome déficitaire alors qu’en cas de syndrome irritatif elle ne sera pas augmentée.

Elle oriente le traitement rééducatif.

Le test vibratoire

­­Analyse la réflectivité du vestibule sur les hautes fréquences. Le nystagmus induit par les vibrations n’est pas présent chez les sujets normaux ainsi que chez les patients centraux. Il est présent dans les déficits unilatéraux.